
Des portraits d'Iraniens exécutés exposés à Paris le 8 juillet 2025, dans le cadre d'une campagne pour mettre fin aux exécutions dans la République islamique ( AFP / Delphine TOUITOU )
Plus de 800 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début de l'année, a déclaré vendredi l'ONU, dénonçant "un schéma systématique d'utilisation de la peine de mort comme outil d'intimidation par l'Etat".
Le bureau des droits de l'homme des Nations Unies a indiqué qu'il y avait eu une "augmentation majeure des exécutions au cours du premier semestre 2025".
"Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 841 personnes depuis le début de l'année et jusqu'au 28 août 2025", a déclaré la porte-parole Ravina Shamdasani aux journalistes à Genève, avertissant que "la situation réelle pourrait être différente. Elle pourrait être pire, compte tenu du manque de transparence".
En juillet seulement, elle a déclaré que l'Iran avait exécuté au moins 110 individus - soit le double du nombre de personnes exécutées en juillet 2024.
"Le nombre élevé d'exécutions indique un schéma systématique d'utilisation de la peine de mort comme outil d'intimidation d'État, avec une focalisation disproportionnée sur les minorités ethniques et les migrants", a-t-elle mis en garde.
Mme Shamdasani a notamment évoqué les exécutions de ressortissants afghans ainsi que de Kurdes d'Iran, d'Iraniens arabes ou de membres de la minorité baloutche.
Au cours des six premiers mois de l'année, au moins 289 personnes ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue.
Selon la porte-parole du bureau des Nations Unies aux droits de l'homme, le schéma observé dans plusieurs pays montre que les gouvernements qui perçoivent une résistance à leur politique de maintien de l'ordre, deviennent plus répressifs et moins tolérants.
-Pendaisons devant des enfants-
Mme Shamdasani a particulièrement déploré l'utilisation des exécutions publiques en Iran, le bureau des droits ayant documenté sept de ces cas depuis le début de l'année, dont certaines devant des enfants.
"Les exécutions publiques ajoutent une couche supplémentaire d'indignation à la dignité humaine, non seulement à la dignité des personnes concernées, celles qui sont exécutées, mais aussi à celles de tous ceux qui doivent en être témoins", a-t-elle déclaré.
"Le traumatisme psychologique d'assister à une pendaison publique, en particulier pour les enfants, est inacceptable", s'est-elle indigné.
Le bureau des droits de l'homme de l'ONU a déclaré qu'il existait de sérieuses préoccupations quant au respect de la procédure dans certaines condamnations à la peine capitale.
"Ce qui nous inquiète particulièrement, c'est que beaucoup de ces condamnations à mort sont prononcées sur la base de lois floues," a déclaré la porte-parole, comme lors d'accusations d'inimitié contre Dieu.
Ravina Shamdasani a déclaré que 11 personnes faisaient actuellement face à une "exécution imminente" en Iran, dont six qui ont été accusées de "rébellion armée" en raison de leur appartenance présumée à l'opposition en exil des Moudjahidines du peuple d'Iran.
Les cinq autres ont été condamnées à mort pour leur participation aux manifestations à grande échelle de 2022, a-t-elle indiqué, ajoutant que la Cour suprême iranienne avait confirmé la semaine dernière la condamnation à mort de la militante des droits des travailleurs Sharifeh Mohammadi.
"La peine de mort est incompatible avec le droit à la vie et irréconciliable avec la dignité humaine", a-t-elle insisté.
"Elle crée un risque inacceptable d'exécuter des personnes innocentes. Elle ne devrait jamais être imposée pour des actes protégés par le droit international des droits de l'homme", selon la militante.
Le haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, appelle Téhéran à imposer un moratoire sur l'application de la peine capitale, comme une étape vers son abolition.
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